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Portrait de Thomas Marmonteil (comité technique)

Animé par une curiosité technique jamais démentie et un sens aigu de la pédagogie, Thomas Marmonteil s’est imposé en quelques années comme un Comité Technique national incontournable. Il partage aujourd’hui une partie de son temps libre entre mesures, contrôles OSIRIS, accompagnement des coureurs et formation des comités techniques. Sur tous les plans d’eau du territoire, sur des compétitions en Voile Légère comme en Habitable il défend une vision exigeante mais accessible de la jauge, conçue comme un outil de confiance, de cohérence et de progression pour tous les pratiquants.

Naviguant depuis toujours au sein du réseau fédéral, Thomas Marmonteil a construit son parcours dans un va-et-vient constant entre l’Eure-et-Loir, où il a obtenu sa première licence au Centre Nautique du Pays Drouais, et le Morbihan, terre de ses vacances d’enfance. Loin d’être tourné vers l’Habitable à ses débuts, il passe par tous les supports proposés par son club d’origine : Optimist, planche à voile, 420, Équipe, catamaran, Laser… Cette polyvalence forge les bases d’une curiosité technique qui ne le quittera plus.

Très tôt, il se tourne vers le catamaran de sport, notamment en Formule 18, un support sur lequel il navigue mais aussi qu’il contribue à faire vivre en participant à de nombreuses organisations de régates, notamment à la Société Nautique de Locmariaquer. Sa trajectoire, déjà marquée par une forte appétence pour la technique — en cohérence avec son cursus scolaire de futur ingénieur — l’amène naturellement vers les questions de jauge et les responsabilités arbitrales.

C’est à partir de 2017–2018 qu’il décide de franchir un pas supplémentaire en s’engageant dans le parcours de Comité Technique national. Entré en formation en 2019, il est nommé en 2020. Installé à proximité d’Auray, au cœur d’un écosystème nautique exceptionnel entre Lorient, la Baie de Quiberon et le Golfe du Morbihan, il trouve rapidement sa place sur de grandes épreuves en Habitable : Armen Race, L’Atlantique Le Télégramme, La Trinité – Cowes… S’il vient de la Voile Légère, c’est presque naturellement qu’il bascule vers l’intersérie, la monotypie puis, plus largement, la voile Habitable. « Une année, puis deux, puis trois… Et on y prend vraiment goût », résume-t-il.

Au départ très investi sur les questions de sécurité — beaucoup d’épreuves se courant en RSO (Règlementations Spéciales Offshore) — il se retrouve de plus en plus sollicité sur les sujets de jauge : « Est-ce que j’ai le droit à ça ? », « Est-ce que cette configuration est conforme ? » De fil en aiguille, il se spécialise dans la mesure et intervient régulièrement en OSIRIS, IRC et sur les 31.7, Sun Fast 30, Grand Surprise et bien d’autres. À terre ou sur l’eau, son rôle oscille entre expertise technique et pédagogie continue et lui permet de découvrir chaque année de nouveaux horizons. « Je n’ai jamais forcé une porte. Les choses se sont faites naturellement », souligne-t-il.

Originaire d’une famille attachée au monde maritime — dans l’arbre généalogique on note un fort lien avec la ville du Havre — il reste profondément lié à cette culture maritime et nautique. Presque logiquement, il accepte à l’automne dernier une mission de Contrôleur d'équipement Course au Large sur la Transat Café L’Or, au départ du Havre : « Je voulais surtout faire des choses différentes… découvrir. » Une expérience qui enrichit son parcours déjà dense, sans pour autant l’éloigner de la convivialité de ses terrains de jeu habituels.

S’il devait résumer sa mission, Thomas Marmonteil la placerait sans hésitation sous le signe de la pédagogie. « Je ne me dis pas : je vais chercher qui triche. L’idée, c’est l’échange, l’application des règles pour tous. » L’OSIRIS, pour lui, ne se résume ni à un rating ni à un contrôle de sécurité. C’est un véritable contrat de jauge, qui impose une cohérence entre la déclaration du propriétaire, la configuration réelle du bateau et son comportement sur l’eau.

Sa méthode repose sur une présence à tous les niveaux : au cœur de l’action sur l’eau pour vérifier un gréement ou une configuration de mât ; au ponton pour inspecter une sellerie, une porte, ou la conformité générale du bateau, notamment par rapport à sa série ainsi qu’aux descriptions et particularités mentionnées sur le contrat de jauge ; des contrôles pour expliquer, détailler, mettre en perspective les éléments de jauge. Ces contrôles, aléatoires et fondés sur un principe d’échantillonnage, se sont considérablement renforcés ces dernières saisons.

Face aux éternels “bruits de ponton” — « untel va plus vite », « tel bateau triche » — Thomas reste ferme : aucune suspicion avant vérification. « Ça ne sert à rien de regarder chez les autres quand chez soi on n’est pas clean. » Entre ses rôles sur l’eau et ses activités de mesureur en dehors, il multiplie les moments d’échange privilégiés avec les coureurs, pesant des OSIRIS, mesurant des voiles ORC, ou analysant des configurations particulières.

En 2025, ses déplacements l’ont mené aussi bien en Habitable qu’en Voile Légère, du Havre à Douarnenez, de La Rochelle à Martigues. Une diversité qui renforce sa conviction : l’OSIRIS est aujourd’hui une langue commune de la voile habitable fédérale en France. Un outil simple qui permet de régater partout, d’un club à l’autre, d’une région à l’autre, sans rupture de compréhension pour le pratiquant.

Sur le terrain, il sert souvent d’interface entre les coureurs et les instances : questions sur les changements de propriétaire, récupération d’un contrat de jauge, interprétation d’un critère… « C’est important d’avoir un lien direct. J’appelle souvent le délégué local, j’ai la réponse tout de suite, et les propriétaires aussi. »

L’OSIRIS est aussi, pour lui, un tremplin naturel vers la course au large. Armen Race, Tour du Finistère, Massilia Cup Offshore… Autant d’épreuves accessibles, permettant de vivre ses premières navigations Offshore sur un format 2–3 jours, sans disposer de moyens considérables. Une clé pour développer progressivement ses compétences, en alternant entraînements côtiers et expériences au large.

Depuis deux ans, Thomas Marmonteil est également formateur des comités techniques nationaux, un rôle qu’il a embrassé avec enthousiasme. Former, pour lui, c’est « donner toutes les cartes pour réussir », un travail continu qui s’inscrit sur l’année entière. Il intervient sur des thématiques variées : intersérie Voile Légère, Habitable, la métrologie…

Les formations abordent à la fois les aspects transversaux propres à tout arbitre — savoir-être, prévention des violences, féminisation, travail avec les jurys — et la dimension technique : lecture des règles, ateliers de mesure, études de cas. Un travail patient, structuré, qui rejoint sa pratique professionnelle centrée sur la qualification de process et la rédaction de modes opératoires pour la recherche fondamentale.